
la Fed réduit ses taux, la BoE attend, les matières premières visent le supercycle
La Federal Reserve engage le cycle d’assouplissement, la Banque d’Angleterre reste immobile ; une demande soutenue et des contraintes d’offre renforcent les perspectives de long terme pour les matières premières.
Les prévisions des analystes les plus avisés, à savoir une décision de la Fed plus prudente que la méga-baisse rêvée par Trump, se sont pleinement vérifiées, et la Federal Reserve a réduit le taux directeur de 25 points de base (à 4,00-4,25 %, soit la première baisse depuis décembre).
À ce jour, la plupart des responsables tablent sur au moins deux autres baisses d’ici fin 2025 et cinq baisses au total d’ici le premier semestre 2026 ; cela devrait compenser la déception affichée par le président américain face à cette baisse jugée "pas assez courageuse". La Federal Reserve indique en particulier vouloir soutenir la croissance et l’emploi, surtout face aux signes de faiblesse du marché du travail, tout en restant vigilante sur l’inflation. Mais la pression politique croissante en faveur de nouvelles baisses de taux rend la position du président Jerome Powell de plus en plus délicate. Pourra-t-il vraiment continuer à décider réunion après réunion, comme il l’affirme, ou sera-t-il contraint de céder aux pressions extérieures ?
Mais tandis que la Fed amorce l’assouplissement, de nombreuses banques centrales restent en attente : aucune baisse de la part de la BCE ni de la Banque du Japon. La Banque du Canada a en revanche réduit ses taux de 25 points de base, signalant un repli de l’inflation et les inquiétudes liées au marché du travail. Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur à 4 % et ralenti le rythme du quantitative tightening, en abaissant l’objectif de ventes d’obligations de 100 à 70 milliards de livres. Avec une inflation encore élevée (3,8 %), l’économie du Royaume-Uni n’est pas encore considérée comme "hors de danger". Après la baisse de la Fed, en tout cas, les valeurs technologiques ont porté les places européennes, probablement dans le sillage de l’anticipation d’un abaissement similaire des taux lors de la prochaine réunion de la Bce.
S’agissant des matières premières et des métaux précieux, après la baisse des taux de la Fed, l’or spot a marqué le pas sous l’effet du raffermissement du dollar, mais il reste proche de ses plus hauts historiques (environ 3.707 $/once cette semaine). Plusieurs banques, dont UBS, anticipent une hausse jusqu’à 3.800 $ d’ici fin 2025. En revanche, le cuivre, les terres rares et d’autres minéraux stratégiques pourraient entrer dans une phase haussière de long terme. La forte demande liée aux véhicules électriques, aux renouvelables et aux infrastructures IA/données, combinée à des contraintes géologiques et à des sous-investissements, renforce l’idée que le potentiel des commodity est sous-estimé.
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