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Façades résidentielles à Milan, avec des persiennes et des balcons éclairés par le soleil
Façades résidentielles à MilanAndrew Patrick Photo / Pexels · Pexels License

Des logements plus chers et des achats plus difficiles. Le marché italien à l’horizon 2027

Les transactions ralentissent tandis que les prix continuent de monter. La véritable limite du marché résidentiel tient à l’écart entre le coût du logement et la capacité de dépense, avec des différences croissantes entre villes, provinces et qualité des biens

par RedazionePublié le
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Le prix monte, mais l’acheteur doit pouvoir payer

Le marché du logement peut ralentir sans que les prix baissent, car le propriétaire n’est pas toujours disposé à ajuster immédiatement le prix demandé et l’acheteur ne peut pas augmenter à sa guise son revenu ; entre les deux, les biens restent en vente plus longtemps, les recherches se déplacent vers d’autres quartiers et une partie des intentions d’achat ne se concrétise pas par un contrat. C’est la clé pour comprendre la dernière partie de 2026, en évitant aussi bien l’idée d’une croissance uniforme de la pierre que l’annonce prématurée d’une crise généralisée. L’équilibre dépend de la capacité des ménages à supporter le prix global, des conditions de financement et de la disponibilité de logements adaptés, tandis qu’une offre limitée peut maintenir les prix demandés à un niveau élevé même lorsque les transactions perdent de leur élan. Pour ceux qui doivent acheter, vendre ou investir, distinguer ces éléments est plus utile qu’une prévision unique pour l’année prochaine, car une même moyenne nationale peut englober des biens qui trouvent rapidement un acheteur et d’autres qui nécessitent des baisses de prix, des travaux ou une stratégie de vente différente.

Les données provisoires de l’Istat pour le deuxième trimestre 2026 donnent une mesure de cette divergence : les prix des logements achetés par les ménages augmentent de 4% par rapport à la même période de 2025, tandis que les transactions résidentielles recensées par l’Observatoire du marché immobilier de l’Agenzia delle Entrate sont pratiquement à l’arrêt, avec une hausse de 0,1%, après les 4,4% du premier trimestre. La hausse des prix concerne aussi bien les logements neufs, à 5%, que les logements existants, à 3,7%, mais elle ralentit par rapport aux premiers mois de l’année ; il n’est donc pas correct de décrire l’ensemble du semestre comme une accélération indifférenciée des échanges. L’élément important pour le propriétaire est que le ralentissement des ventes peut précéder une révision des attentes, tandis que, pour l’acheteur, une hausse moyenne des valeurs ne prouve pas que n’importe quel prix demandé soit justifié. Le prix effectif d’un logement dépend de ses caractéristiques et de son contexte, et la négociation devrait commencer par des comparaisons actualisées avec des biens similaires, non par une application mécanique de la variation nationale à la valeur que l’on espère obtenir.

Il faut également distinguer les prix des transactions de ceux des annonces, car ils décrivent des moments différents du marché et ne peuvent pas être additionnés pour construire une tendance plus marquée. Le Market Monitor d’Immobiliare.it Insights relatif au premier semestre 2026 fait état de prix de vente demandés en hausse de 4,3% sur un an et de loyers en progression de 2,9%, avec des valeurs moyennes d’environ 2.200 euros le mètre carré à l’achat et de 14,7 euros à la location ; il s’agit de références propres à l’offre observée, non d’un tarif valable pour n’importe quel bien. Le constat commun à ces relevés est que le logement continue de coûter plus cher, tandis que le rythme des opérations n’accélère pas de la même manière, ce qui rend décisifs les coûts qui n’apparaissent pas dans le prix publié : impôts, frais d’acquisition, travaux initiaux et entretien futur. Un logement apparemment moins cher peut nécessiter une dépense globale supérieure à celle d’un logement déjà performant, surtout lorsque la différence doit être financée et que les travaux empêchent de l’occuper ou de le louer pendant plusieurs mois.

La contrainte des revenus et celle du crédit

L’indicateur d’accessibilité élaboré par Immobiliare.it Insights rend la contrainte économique plus visible : à la fin du premier semestre, dans son modèle, un seul revenu permet d’accéder à 30,5% de l’offre à la vente et à 13,4% de l’offre locative, tandis qu’avec deux revenus les proportions atteignent respectivement 58,4% et 56%. Il ne s’agit pas de pourcentages d’Italiens autorisés à acheter, ni d’une mesure directe des ménages exclus, mais d’indicateurs construits en mettant en relation l’offre, les revenus et les conditions d’accès. Leur portée patrimoniale est que le second salaire continue de peser fortement sur la possibilité d’habiter là où l’on travaille, tandis qu’un prix soutenu par une demande solvable restreinte peut devenir vulnérable si cette demande se tourne vers d’autres lieux. Pour ceux qui investissent dans la location, le problème concerne aussi la continuité des encaissements, car un loyer théoriquement accessible ne correspond pas toujours à celui que le locataire peut supporter pendant des années sans difficulté ; l’accessibilité n’est pas seulement une question sociale, mais une composante de la qualité du revenu immobilier.

Le coût de l’argent reste important, mais il ne faut pas le présenter comme une succession de hausses déjà écrite : le 29 octobre 2026, la Banque centrale européenne a maintenu inchangés ses trois taux directeurs, laissant celui de la facilité de dépôt à 2,50%, celui des opérations principales de refinancement à 2,65% et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90%, après la hausse de septembre. La BCE elle-même réaffirme une approche dépendante des données et décidée réunion par réunion, sans s’engager sur une trajectoire prédéfinie, tandis que l’énergie continue de représenter un risque pour l’inflation et la croissance. Pour un ménage, cela signifie comparer des offres concrètes et des marges de sécurité, en évitant de transformer les anticipations des analystes en mensualités certaines ; un prêt à taux fixe déjà souscrit ne voit pas sa mensualité changer parce qu’un taux directeur augmente, tandis qu’un prêt à taux variable réagit selon les conditions contractuelles et qu’un nouveau prêt à taux fixe dépend aussi des paramètres de marché et de la marge bancaire. Une comparaison correcte englobe la durée, le coût total et les liquidités restantes, et pas seulement la mensualité initiale qui permet de rendre apparemment accessible un prix plus élevé.

Les données sur les crédits immobiliers exigent elles aussi de distinguer différentes composantes : selon le deuxième Observatoire Nomisma 2026, au premier trimestre, le total des financements aux ménages diminue de 2,1%, mais ce résultat subit l’effet du recul de 58,7% des transferts et remplacements de prêts, tandis que les crédits accordés pour de nouvelles acquisitions augmentent de 6,6%. Interpréter le chiffre global comme une fermeture indifférenciée du crédit donnerait donc une image incomplète, tout comme il serait excessif de conclure que la hausse des nouveaux prêts élimine le problème de la soutenabilité. La banque peut continuer à financer des emprunteurs sélectionnés sans rendre le logement accessible à ceux qui ont des revenus insuffisants ou peu de capital initial, tandis que l’allongement du remboursement peut alléger la mensualité mais augmenter le coût global. Pour l’acheteur, la véritable marge de prudence consiste à conserver des ressources pour les dépenses imprévues et l’entretien après la signature de l’acte authentique, car un financement soutenable sur le papier peut devenir fragile s’il absorbe toutes les liquidités et oblige à recourir à un endettement supplémentaire pour rendre le logement habitable.

La géographie de la demande change

La croissance des provinces et des petites villes décrite par Confedilizia aide à comprendre ce qui se passe en dehors des marchés les plus visibles : entre 2019 et 2025, les transactions augmentent de 32,7% dans les communes qui ne sont pas chefs-lieux, contre 15,5% dans les chefs-lieux, tandis que dans les localités de plus petite taille la hausse atteint 42,3%. Ces chiffres ne prouvent pas à eux seuls que chaque déplacement soit dû à la cherté du logement, car la recherche d’espace, l’emploi, les services et les liaisons de transport peuvent intervenir, mais ils montrent clairement que la demande ne se limite pas aux grandes villes. L’acheteur qui s’éloigne du centre doit toutefois intégrer les transports et le temps à son budget, tandis que l’investisseur doit se demander dans quelle mesure il sera facile de trouver un autre acheteur ou un locataire lorsqu’il voudra sortir de l’opération. Un prix d’entrée plus bas n’élimine en effet pas le risque de faible liquidité, et la croissance des transactions en pourcentage peut être élevée même lorsque le marché local reste petit et dépendant d’un nombre limité de facteurs économiques.

Milan mérite l’attention en raison de la valeur symbolique qu’elle a prise dans le récit immobilier national, mais il faut distinguer le risque de déséquilibre de la prévision d’un effondrement. Dans le Global Real Estate Bubble Index 2026 d’UBS, la ville entre dans la catégorie de risque modéré avec un score de 0,50, contre 0,01 en 2025 : il s’agit d’un indicateur qui signale des tensions, et non d’une probabilité d’éclatement de la bulle exprimée en pourcentage, ni d’une échéance avant laquelle les prix devraient baisser. Le problème économique, au-delà du classement, apparaît lorsqu’un investissement ne peut se justifier que par de nouvelles revalorisations, alors que le loyer pouvant être obtenu ne rémunère plus suffisamment le prix, les frais et le risque. Même dans une ville attractive, le quartier et la qualité du bien peuvent produire des résultats très différents, tandis qu’un acheteur qui acquiert un logement pour l’habiter doit distinguer la valeur personnelle de l’emplacement du rendement financier qu’il pourrait raisonnablement attendre s’il était contraint de vendre ou de louer plus tôt que prévu.

L’écart entre les logements performants et les biens à rénover rend encore moins utile un raisonnement limité à l’échelle des villes, car deux appartements voisins peuvent nécessiter des capitaux et des délais très différents avant d’offrir le même confort d’habitation. Un vendeur peut percevoir la valeur de son bien à travers les prix des logements rénovés, tandis que l’acheteur déduit les travaux, le risque de surcoûts et la période d’inutilisation, créant un écart qui ralentit la négociation même sans véritable baisse de la demande. Pour évaluer l’intérêt de l’opération, il faut donc établir un coût complet, en incluant les interventions à l’intérieur du logement et celles prévisibles sur les parties communes, sans tenir pour certain que chaque dépense sera récupérée dans le prix final. La performance énergétique peut améliorer l’attractivité et limiter les consommations, mais la prime reconnue par le marché doit être vérifiée ; de même, un logement à rénover ne peut constituer une opportunité que si la décote compense les travaux nécessaires et laisse une marge pour les imprévus, non parce que son prix au mètre carré est inférieur à la moyenne du quartier.

2027 se prépare avec des bilans plus réalistes

Le scénario formulé par Nomisma en juillet 2026 prévoit une stabilisation des transactions pendant l’année en cours, un recul en 2027 et un retour à la croissance en 2028, avec des prix toujours en hausse nominale, mais à un rythme progressivement plus modéré. C’est une prévision à confronter aux informations à venir, non le bilan définitif d’une année qui n’est pas encore achevée, et son utilité tient surtout à la prudence qu’elle suggère à ceux qui construisent un investissement en comptant sur une revente rapide. Un marché où les échanges sont moins nombreux peut exiger davantage de temps pour vendre même lorsque les valeurs moyennes résistent, tandis qu’une hausse nominale ne correspond pas nécessairement à un gain réel après inflation et frais. Pour le propriétaire, la marge de sécurité dépend donc de sa capacité à conserver le bien sans devoir accepter une vente urgente ; pour l’acheteur, elle dépend de la soutenabilité de l’opération même si la revalorisation attendue ne se produit pas et si l’horizon de détention s’allonge par rapport au projet initial.

Ceux qui doivent vendre devraient partir d’une estimation actualisée et de la qualité de la demande qui visite réellement le bien, en distinguant la curiosité, les demandes d’informations et la possibilité concrète d’obtenir un financement ; ceux qui achètent devraient, quant à eux, comparer au moins un scénario ordinaire et un scénario moins favorable, dans lequel les travaux augmentent, le revenu disponible diminue ou la vente du précédent logement prend davantage de temps. Pour l’investisseur locatif, le calcul doit comprendre les mois de vacance, l’entretien, les impôts et la gestion, en évitant de diviser douze loyers théoriques par le seul prix d’achat. Ces vérifications n’exigent pas de prévoir chaque décision de la BCE ou chaque tournant géopolitique, mais de reconnaître les variables susceptibles de compromettre l’équilibre personnel ; un logement peut rester un bien utile même lorsque le marché ralentit, à condition de ne pas avoir été acheté avec une marge financière si étroite qu’elle transforme un imprévu gérable en problème patrimonial. La qualité du choix se mesure aussi à la possibilité d’attendre lorsque le marché n’offre pas les conditions souhaitées.

Le constat final de ce bilan provisoire est donc celui d’un marché plus sélectif, où la résistance des prix ne doit pas être confondue avec la facilité de vendre et où la prudence des ménages ne correspond pas nécessairement à la disparition du besoin de logement. La demande continue d’exister, mais elle se répartit entre des territoires et des biens offrant des combinaisons différentes de coût, de services et de qualité, tandis que l’écart avec les revenus peut la déplacer avant même de provoquer une correction visible des prix. Pour 2027, la question utile n’est pas seulement de savoir de combien la pierre montera ou baissera, mais qui pourra s’offrir ce logement précis et avec quelle continuité, car c’est de cette capacité de dépense que dépendent aussi bien l’acheteur de demain que le locataire qui assure le revenu du propriétaire. Un patrimoine immobilier défendu avec méthode exige des prix d’entrée raisonnables, des dépenses prises en compte et des liquidités suffisantes, plutôt que la conviction qu’une moyenne nationale favorable puisse compenser n’importe quelle erreur dans une opération particulière.

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