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Plan d’un immeuble sur une table en bois, avec tasse de café, stylo et mètre ruban

Due diligence immobilière : le prix se négocie, les risques se vérifient avant d’acheter

Titularité, conformité des constructions, certificat d’habitabilité et possibilité d’utilisation contribuent à la valeur d’un bien : un contrôle avant les engagements contractuels aide à comprendre ce que l’on achète et à quelles conditions

par Pietro Bisconti, Bisconti Avvocati, PalermoPublié le
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Un appartement peut bénéficier d’un excellent emplacement, d’un prix apparemment avantageux et d’une documentation qui, au premier regard, semble complète, tout en restant inadapté au projet de celui qui entend l’acheter. Il peut être occupé sur la base d’un contrat différent de celui envisagé, nécessiter des travaux non prévus, présenter une transformation jamais autorisée ou ne pas permettre le fractionnement dont dépend la rentabilité de l’investissement. La due diligence, c’est-à-dire l’enquête préalable sur l’opération, sert à replacer ces questions au centre de la décision alors qu’il existe encore une marge de négociation, de demande d’éclaircissements ou de renoncement. Elle ne certifie pas que tout risque a disparu : elle rend plus lisible les risques existants, les vérifications qui les étayent et la personne qui devra en assumer la charge.

La question reste pleinement d’actualité : une vente immobilière peut satisfaire aux conditions requises pour la signature sans offrir, pour cette seule raison, la certitude que le bien est régulier à tous égards, immédiatement utilisable ou économiquement cohérent avec le projet de l’acquéreur. Le travail préparatoire doit relier ce qui ressort des actes à ce qui existe sur place et à ce que l’on entend réaliser après l’achat. C’est dans ce rapport qu’un contrôle documentaire devient un outil de protection du capital.

Le contrôle doit précéder les engagements qui réduisent la liberté de choix

Tout repousser aux jours qui précèdent l’acte authentique signifie souvent affronter les difficultés après avoir déjà supporté des coûts, versé des sommes et assumé des obligations. Même une offre acceptée peut produire des engagements contractuels avant la signature d’un document ensuite appelé compromis : le contenu réel compte davantage que l’étiquette. C’est pourquoi les vérifications initiales et l’assistance à la rédaction des accords doivent avancer de concert. Lorsqu’il faut subordonner l’opération au résultat d’une vérification, la clause doit être construite au cas par cas, en indiquant l’objet de l’enquête, les documents à obtenir, les délais, la coopération du vendeur et les effets d’un résultat négatif ou de l’impossibilité de l’achever. La formule générique « sous réserve du bon résultat de la due diligence » peut laisser sans réponse précisément les questions sur lesquelles les parties finiront par débattre.

Le périmètre change avec l’objectif. Celui qui cherche un logement doit comprendre les conditions d’usage, les charges et les travaux nécessaires ; celui qui achète un bien à louer doit aussi examiner la disponibilité, les contrats et les coûts de gestion ; celui qui veut transformer un immeuble en structure d’hébergement doit vérifier la faisabilité de l’intervention et de l’activité. Un rapport établi pour la vente d’un appartement ne répond pas automatiquement aux questions d’un investisseur qui souhaite en changer la destination. Le projet devrait être exposé aux professionnels avant le lancement des contrôles, en précisant aussi quelles conditions sont non négociables. Sans cette étape, on risque d’obtenir un dossier correct mais incomplet au regard de la décision à prendre.

Provenance et droits des tiers exigent une lecture coordonnée

Le premier niveau concerne l’identité du vendeur, le droit qu’il peut transférer et les droits ou prétentions susceptibles d’affecter le bien. Acte de provenance, mentions des registres immobiliers, pouvoirs de représentation, éventuelles successions, hypothèques, saisies, servitudes et demandes judiciaires doivent être lus ensemble. L’extrait cadastral a une fonction distincte et ne remplace pas l’enquête sur le titre de propriété. Si le vendeur est une société, le contrôle doit inclure les pouvoirs de la personne qui signe et les circonstances pertinentes de l’opération ; s’il existe des baux ou d’autres titres d’occupation, la disponibilité future ne peut être déduite de la simple promesse de remettre le bien libre. Il faut comprendre quelles obligations existent déjà et comment elles seront effectivement exécutées.

La provenance par donation exige elle aussi aujourd’hui une lecture actualisée. La loi n° 182 de 2025 a modifié la protection des réservataires et la position des tiers acquéreurs de biens donnés, en dépassant certains aspects de l’ancien système qui conditionnaient la circulation des immeubles. Il n’est donc pas correct de reprendre automatiquement les anciennes descriptions du risque de restitution ; il n’est pas prudent non plus d’en conclure que le mot « donation » ne requiert plus aucun approfondissement. Le notaire doit identifier le régime applicable, en tenant compte des dispositions transitoires, des successions déjà ouvertes et d’éventuelles formalités ou litiges pertinents. La valeur de la vérification consiste à appliquer la bonne règle à l’histoire du bien, et non à utiliser un discours rassurant identique pour toute provenance.

Le cadastre ne remplace pas la reconstitution de la conformité des constructions

Un plan cadastral correspondant à l’appartement visité ne démontre pas, à lui seul, que tous les travaux ont été régulièrement réalisés. Le contrôle technique doit reconstituer les autorisations d’urbanisme, les transformations et l’état des lieux, en évaluant les éventuelles non-conformités et la réglementation applicable. La déclaration cadastrale exigée pour certains actes et la vérification urbanistique et de construction répondent à des fonctions différentes. Le principe affirmé par les Sections unies de la Cour de cassation dans l’arrêt n° 8230 de 2019 impose lui aussi de distinguer les plans : la présence dans l’acte d’un titre d’urbanisme réel et rattachable au bien n’équivaut pas à la certification que chacune de ses parties est conforme. La validité du transfert ne purge pas les travaux non conformes et ne rend pas leurs effets sur l’acquisition sans importance.

Le décret « Salva Casa », converti par la loi n° 105 de 2024, a modifié le régime de l’état légitime, des tolérances et de certaines régularisations. La conséquence opérationnelle est la nécessité de classer correctement chaque situation : une tolérance reconnaissable, une non-conformité éventuellement régularisable et une infraction pour laquelle les conditions d’une remise en conformité ne sont pas réunies ne sont pas la même chose. Le simple dépôt d’une procédure n’autorise pas à présenter le problème comme définitivement résolu. Le technicien doit expliquer la procédure, les documents, les conditions, les coûts et les vérifications complémentaires, y compris celles liées aux contraintes et à la sécurité. Pour les bâtiments plus anciens, enfin, la déclaration de construction antérieure à septembre 1967 n’est pas une preuve universelle de légalité : il faut tenir compte des obligations et règles en vigueur à l’époque sur le territoire concerné.

L’habitabilité et l’usage prévu influent sur la valeur économique

L’habitabilité doit être examinée en distinguant l’absence d’un document, la voie par laquelle elle peut être démontrée ou attestée et l’éventuelle absence des conditions substantielles. La déclaration certifiée d’habitabilité concerne des conditions et des présupposés spécifiques ; elle ne constitue pas une remise en conformité générale des irrégularités. Son absence n’entraîne pas non plus automatiquement la nullité de la vente ni, en toute circonstance, la résolution du contrat. Les conséquences dépendent du cas concret, de l’aptitude à l’usage, des accords et des obligations assumées. Un acheteur doit savoir avant de s’engager quelle situation il accepte, quels travaux sont nécessaires et quelle incertitude subsiste, sans compter sur la perspective indéterminée de tout régulariser après l’acte.

La même logique vaut pour le projet de transformation. Acheter une maison dans l’idée d’en tirer deux unités ne signifie pas disposer déjà du droit de la fractionner ; acheter un immeuble séduisant ne signifie pas pouvoir l’utiliser comme hôtel. Destination urbanistique, exigences techniques, accès, équipements, réglementation locale et contraintes peuvent influer sur les délais et la faisabilité. Le certificat de performance énergétique, les documents relatifs aux installations et les vérifications sur l’état de construction complètent le tableau, mais ne sont pas interchangeables. En Sicile, en outre, l’analyse doit coordonner la réglementation nationale avec la réglementation régionale : la transposition de « Salva Casa » et les éclaircissements ultérieurs ne permettent pas d’appliquer indistinctement à chaque dossier un résumé national trouvé en ligne.

Copropriété et contraintes peuvent modifier la rentabilité de l’achat

Une partie du risque économique se situe en dehors des pièces que l’acheteur visite. Règlement de copropriété, procès-verbaux, comptes, travaux votés, contentieux et situation des paiements peuvent annoncer des dépenses ou des restrictions importantes. L’attestation de l’administrateur doit être lue avec les autres documents et mise à jour à proximité de la signature : le solde de l’exercice en cours ne raconte pas à lui seul tout ce qui a été décidé ou discuté. La répartition des charges entre vendeur et acquéreur doit également être réglée expressément, en distinguant l’accord entre eux des droits que la copropriété peut exercer. Un prix intéressant perd une partie de sa portée s’il n’intègre pas les engagements financiers qui accompagnent le bien.

Pour les biens présentant un intérêt culturel, le contrôle doit inclure le régime de protection, les interventions possibles et les formalités liées au transfert. Dans le cadre national, la notification et l’éventuel droit de préemption public obéissent à des règles et délais spécifiques : le délai ordinaire de soixante jours n’épuise pas la réglementation, qui prévoit un délai de cent quatre-vingts jours en cas de notification omise, tardive ou incomplète, selon les conditions applicables. Avant de fixer les paiements, la remise et le démarrage des travaux, il faut vérifier la procédure applicable et l’autorité compétente, y compris les particularités territoriales. La valeur patrimoniale peut soutenir la valeur d’un immeuble, mais elle n’efface pas les limites qui régissent sa transformation et sa circulation.

Le rapport final doit permettre une décision

Une due diligence utile ne s’achève pas par une simple liste de documents collectés. Pour chaque difficulté, elle devrait rendre lisibles le fait établi, la source, le contrôle encore manquant, les conséquences sur l’usage et sur la valeur, la solution éventuelle et la personne chargée de la mettre en œuvre. Il doit aussi être clair ce qui n’a pas été vérifié : une visite visuelle n’équivaut pas à une étude structurelle, une estimation préliminaire n’est pas un devis et l’absence de réponse à une demande documentaire ne prouve pas l’absence du problème. Avocat, notaire et techniciens interviennent selon leurs missions et compétences respectives, en coordonnant les informations sans confondre automatiquement responsabilités et vérifications.

La décision finale peut consister à avancer, à revoir le prix et les conditions, à demander qu’une obligation soit exécutée avant le transfert ou à renoncer. Un exemple hypothétique éclaire le propos : une intervention estimée à 30.000 euro ne se traduit pas nécessairement par une remise du même montant si demeurent des délais incertains, des charges financières accrues et plusieurs mois pendant lesquels le bien ne produit aucun revenu ; un obstacle qui empêche l’usage prévu peut rendre inadapté un prix même sensiblement réduit. Le résultat de l’enquête doit donc entrer dans le contrat et dans le compte économique de l’opération. Le patrimoine se protège lorsqu’on comprend ce que l’on achète avant de déterminer combien l’on est prêt à payer.

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