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Les États-Unis ne veulent pas d’une récession, des négociations sur les tarifs probables

par Andrea ScauriPublié le Mis à jour le
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Trump ne veut pas de récession, donc la probabilité de négociations sur les droits de douane est élevée. Les périodes où il est difficile d’ajouter du risque sont souvent celles où le risque doit être ajouté.

par Andrea Scauri, gérant du fonds actions Lemanik High Growth

Historiquement, chaque ralentissement de 1 % du PIB américain s’est traduit par une baisse d’environ 7 % de la croissance des utiles societari. L’Europe n’est pas à l’abri : 26 % du chiffre d’affaires du Stoxx 600 provient des États-Unis, et les premières estimations ont chiffré l’impact à une réduction de 3 % des utili, ce qui se traduirait par une croissance des utili à un seul chiffre en Europe pour 2025.

L’administration américaine ne veut ni une véritable récession aux États-Unis, ni une défaite retentissante aux élections de mi-mandat de l’an prochain. Un marché actions en hausse demeure l’un des baromètres du succès de la présidence Trump. Puisque personne n’a intérêt à provoquer une récession et que les États-Unis sous-performent le reste du monde sur ces annonces, nous jugeons élevée la probabilité de futurs négociations sur les tarifs. Il est important de replacer dans son contexte ce que Trump cherche à obtenir : davantage d’emplois aux États-Unis ; une baisse des droits de douane à l’étranger sur les biens américains ; des rendements plus faibles ; davantage d’investissements privés plutôt que de dépenses publiques ; des coûts de l’énergie plus bas.

Nous avons déjà noté l’affaiblissement du sentiment des consommateurs, même s’il ne se reflète pas encore dans des données tangibles. La montée de l’incertitude ne fera qu’exacerber tout ralentissement. Toutefois, un contrepoids important sera l’affaiblissement du prix du pétrole. L’OPEC+ a donné un coup de main à Trump la semaine dernière avec une hausse de la production trois fois supérieure aux attentes, et en conséquence le pétrole a reculé de près de 10 % en quatre jours. Il s’agit d’une dépense significative pour le consommateur moyen aux États-Unis, si bien qu’une baisse des prix à la pompe contribuera à atténuer la pression des droits de douane.

Les entreprises dont la production est localisée, celles qui disposent d’un pouvoir de fixation des prix et celles qui sont moins sensibles sur le plan économique seront les grands bénéficiaires relatifs dans ce contexte. On comprend que les titres cycliques aient largement été vendus à la suite de la réaction initiale à l’annonce des tarifs, mais tous les cycliques ne se valent pas. Le secteur technologique a fait l’objet de nombreux débats et, à certains égards, reflète une partie de la faiblesse des États-Unis. Microsoft continue d’optimiser la construction de centres de données, ce qui suggère que les revenus de l’IA n’arrivent pas au rythme espéré il y a un an. Nous voyons le risque que le capex de l’IA ne progresse pas l’an prochain, et cela serait surtout problématique pour les entreprises étroitement liées à la croissance de l’IA.

Les révisions des utili (un indicateur de la confiance des entreprises) et les données sur le marché du travail sont les deux variables les plus importantes à surveiller à court terme, avec les marchés du crédit et du financement comme facteur non économique susceptible de pousser la Fed à intervenir. Nous continuons de privilégier les titres actions de qualité et défensifs sous la surface du marché. Par ailleurs, le secteur des biens de consommation discrétionnaires restera probablement celui qui sous-performera le plus nettement face au risque tarifaire, conformément à notre vision de longue date. C’est là l’essentiel de notre portefeuille, composé de titres présentant un très faible endettement, des bilans sains et un fort positionnement sur leur marché de référence. En des temps où il est difficile d’ajouter du risque, c’est souvent là qu’il faut en ajouter. Le récit budgétaire allemand prend encore plus d’importance qu’avant le sell-off, y compris dans une perspective actions mondiale. Les valeurs favorites pour l’année en cours, moins exposées aux droits de douane, comme les titres de la défense ou ceux liés à la Germany, offrent désormais un point d’entrée bien plus intéressant qu’au cours des semaines précédentes.

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